lundi 10 octobre 2011

L’alcoolisme :

une maladie familiale

La dépendance à l’alcool s’installe progressivement et se caractérise par une perte de liberté par rapport à une consommation qui ne peut plus être maîtrisée.
Sans en être conscient, l’entourage développe souvent des attitudes qui maintiennent l’alcoolique dans son problème, par exemple en lui fournissant des boissons alcoolisées, en le protégeant des conséquences néfastes de son comportement, en cachant ou niant son problème. Cela s’appelle le co-alcoolisme. «Le problème de l’alcoolisme et du co-alcoolisme s’installe de façon très insidieuse, observe Raymond Gueibe, alcoologue et psychiatre de liaison à la clinique Saint-Pierre d’Ottignies. Dans un premier temps, la famille ne perçoit pas ou doute qu’il y ait un problème. Lorsqu’elle devient consciente du problème d’alcool d’un des siens et le lui fait remarquer, la personne dépendante se défend alors de trop boire, et va boire en cachette. Très souvent, les proches de l’alcoolique cachent le problème vis-à-vis de l’extérieur afin de protéger la famille. Dans un deuxième temps, la famille va essayer d’aider l’alcoolique à ne plus boire en le surveillant, en supprimant l’alcool de la maison. Au fil du temps, la famille s’épuise dans le besoin de contrôler l’alcoolique et de le protéger. De son côté, l’alcoolodépendant est dans le déni et culpabilise son entourage en attribuant son problème aux autres. Dans ce contexte, il n’est pas rare que des violences familiales apparaissent. Le conjoint (bien souvent l’épouse) et les enfants en arrivent à se sentir coupables et responsables du problème. La souffrance des enfants et des adolescents est profonde, d’autant plus qu’ils ont le sentiment d’être seuls à vivre cette situation, qu’ils croient par ailleurs avoir provoquée, et s’enferment dans le silence.»
Le co-alcoolisme existe aussi sur le lieu du travail. Lorsque, par exemple, un collègue expédie les tâches de l’alcoolique ou que le chef de bureau ferme les yeux sur ses retards et erreurs répétitives, on parle de co-alcoolisme.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire